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Aventures automnales dans les Laurentides et en Lanaudière

Aventures automnales dans les Laurentides et en Lanaudière

Chaque année, avec l’arrivée des couleurs d’automne, les randonnées prennent une tournure des plus lumineuses. Les paysages d’ordinaire verdoyants se transforment dans un camaïeu de couleurs impressionnant : du marron au rouge vif, en passant par toute une gamme de jaune-orangé. Ce n’est pas pour rien que l’automne est la saison préférée de nombreux amateurs de plein-air.

 

J’ai profité de quelques jours de beaux temps pour partir explorer en solitaire dans la belle région des Laurentides juste après l’équinoxe. L’objectif de ce séjour est de capter des paysages colorés avec les lueurs du début et de la fin de journée. C’est avec les rayons doux du soleil à l’horizon que ces teintes automnales prennent toute leur splendeur. Et on peut dire que j’ai eu droit a des conditions rêvées lors de ces quelques randonnées. 

Seul au sommet de la Montagne Verte
Ces temps-ci de l’année, la Montagne Verte à Labelle n’a de « vert » que le nom, puisque les couleurs s’étendent à perte de vue dans toutes les directions. Je décide de faire la courte boucle de ce sentier en campant au sommet pour la nuit, dans le but de profiter à la fois du coucher et du lever de soleil.
Les perspectives qui se dégagent de ce sommet sont magnifiques. D’un côté, l’immense lac Tremblant dominé par le massif du mont du même nom ; ailleurs, une kyrielle de sommets arrondis et boisés, entourés d’une multitude de lacs. On a là une topologie typique du Québec.

  

Les lueurs dorées de la fin de journée viennent se déposer délicatement sur les flancs des monts qui scintillent, les couleurs des feuilles à pleine saturation. Les paysages semblent incandescents avec cette lumière à la fois douce et puissante. Le ciel se teinte lui aussi des couleurs typiques du crépuscule. 

Le lendemain matin, l’horizon est couvert, une pluie s’invite même à l’aurore, plongeant les étendues autour de moi dans un bleu sombre. Mais ces conditions nuageuses apportent avec elles une brume flottante qui virevolte sur les montagnes et les lacs. 

 

Le jour s’éveille tranquillement et invite quelques percées lumineuses inouïes. Des rayons viennent réchauffer la brume qui continue d’habiller les paysages colorés, il y a une forme de grâce à contempler ce moment, qui semble hors du temps, et pourtant s’échappe aussi vite qu’il est arrivé. Un seul instant suffit à donner à un paysage un caractère. C’est ce que j’ai eu la chance de vivre là-haut…

Dans les couleurs du parc national du Mont-Tremblant
Les conditions météo changent finalement pour amener un soleil radieux alors que j’arrive au parc national du Mont-Tremblant. J’en profite pour prendre du repos au bord d’un lac, puis je pars randonner pour le coucher de soleil.
Le sentier du Mont Nixon est un petit trésor caché dans les pourtours du parc national, et mène à plusieurs points de vue sur la rivière La Diable et les montagnes qui l’enserrent. Au sommet, un océan de petits monts se dessine à l’horizon, avec le lac Supérieur comme point de repère.
Ici encore, l’heure dorée vient enchanter le paysage, révélant les couleurs automnales avec éclat. A mesure que le soleil décline, les monts opposés prennent même des allures de dunes de sable tellement ils s’habillent de teintes chaudes. Tout est calme et flamboyant.

 

Le lendemain, réveil aux aurores pour aller contempler le lever du jour sur les hauteurs d’un point de vue populaire du parc national. En arrivant à ce belvédère, je suis sans voix : la brume matinale enveloppe l’immense lac Monroe, dans un décor envoûtant. 
Les premiers éclats du jour atteignent le sommets alentour pour d’autant plus révéler la splendeur de ce matin d’automne. Alors que la brume roule sur les lacs et ses contours, le paysage se met à scintiller avec la chaleur qui s’installe progressivement. 

 

Je finis par redescendre pour profiter de cette magnifique ambiance automnale au bord de l’eau. La brume continue son lent spectacle onirique, accompagné par le chant de quelques huards qui rompent le silence par intermittence. La lumière se fait déjà plus dure, seulement deux heures après son apparition, me laissant le sentiment d’avoir vécu ce matin-là un moment voluptueux. 

Grisaille colorée dans Lanaudière
Sandra me rejoint pour la dernière partie du séjour qui se déroule un peu par hasard dans Lanaudière. On retrouve d’abord le parc national du Mont-Tremblant, dans le secteur Pimbina, où l’on prend le temps au camping et sur la plage avant de partir marcher en forêt, au milieu des couleurs. Nos pas sont étouffés sur le tapis de feuilles mortes qui jonche le sentier, alors que nos yeux eux ne cessent d’être attirés par les cimes des arbres qui colorent notre courte balade. 

 

Plus tard, on quitte l’enceinte du parc national pour randonner au populaire mont Sourire. Au point de vue le plus éloigné, et donc le plus tranquille, le paysage est rougeoyant. La lumière est feutrée par un voile nuageux, mais le paysage demeure ô combien saisissant.
L’idée d’un coucher de soleil tourne court, pourtant sur le chemin du retour on est comblé d’émerveillement. Un jeune ours noir croise notre chemin. Autant surpris que nous, il grimpe avec agilité sur un arbre au bord du sentier. On s’observe mutuellement quelques minutes, puis nous le laissons, chanceux d’avoir pu rencontrer cet animal. 

 

Une nouvelle journée grise se dessine pour terminer le séjour. On décide donc de se rendre à un point de vue sur le sentier de la montagne Noire avec un vue sur l’immense lac Archambault. Les couleurs ne scintillent pas mais apportent malgré tout une luminosité à la perspective qui se profile depuis cette ouverture. 
Toutes ces nuances automnales poussent à la contemplation, à ralentir, et se délecter de ce que la nature peut nous offrir de plus beau. L’automne est décidément la plus inspirante des saisons…