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Nouvelles aventures dans les Rocheuses Canadiennes

Nouvelles aventures dans les Rocheuses Canadiennes

L’an dernier, la découverte les parcs nationaux et provinciaux des Rocheuses canadiennes a été un véritable coup de cœur autant pour le randonneur que pour le photographe que je suis. Un peu sur un coup de tête et surtout sur un coup de chance, un second voyage estival s’est profilé tardivement, pour continuer d’explorer ce fabuleux territoire alpin.
Au printemps, nous avons tenté d’obtenir un permis d’arrière-pays pour le très disputé camping à Lake O’Hara, au Parc National Yoho, avec succès. C’est ce qui a tout déclenché. Ce sont ensuite constitué 17 jours de voyage au total, une nouvelle fois au mois de juillet, passant par les Kananaskis et les parcs nationaux de Banff, Yoho et Jasper

Lake O’Hara sous les nuages
Chanceux mais pas jusqu’au bout. La météo pour nos trois jours à Lake O’Hara s’annonce pluvieuse.
Sur les rives de Lake Mc Arthur, les nuages sont déjà là mais laissent entrevoir toute la splendeur du paysage découvert l’an dernier. Une nouvelle fois on se délecte du bleu intense du lac, oubliant le temps qui passe à chaque moment où le vent s’estompe pour révéler en miroir Mount Biddle.

Des reflets, Lake O’Hara sait en offrir également, surtout lorsque les rayons du soleil basculent sous les nuages pour un court instant. Ce seront les dernières éclaircies. 
La suite sera faite de deux jours de pluie assez soutenue, à choisir des sentiers plus courts, où les nuages bas et sombres dominent les perspectives. Malgré tout, la beauté du lieu protégé transcende cette météo difficile, comme sur le Plateau Opabin qui surplombe le lac, d’où l’on tarde à repartir malgré les averses et les rafales de vent…

Météo capricieuse
Des nuages sombres et de la pluie, on en a eu et pas qu’un peu pendant ces 17 jours de voyage. Comparé à l’année dernière, le ciel a régulièrement apporté son lot d’averses. Il a fallu changer nos plans, s’ajuster au côté imprévisible de la météo en montagne. On a même eu droit à une neige d’été en randonnant à plus de 2 200m d’altitude. Mais ces nuages épais n’enlèvent rien à la beauté des paysages qui ont défilé durant ces jours gris, au contraire, ils libèrent un peu plus les lieux populaires. 

Les nuages apportent aussi leurs lots de splendeur. À Highwood Pass dans les Kananaskis, sur la route goudronnée la plus haute du Canada, un voile de brume enlace les sapins pour offrir des ambiances fantomatiques. Quelques heures plus tard, le ciel s’ouvre dans une éclaircie soudaine et révèle la fabuleuse Opal Ridge entre les nuages bas avec Lower Kananaskis Lake au premier plan. Paysage éphémère et enchanteur, impossible sans la pluie qui n’a cessé le reste de la journée… 

Entre vallées, cols et crêtes
Le but premier du voyage est bien entendu de chausser les bottes de randonnée pour partir sur les fabuleux sentiers des parcs nationaux et provinciaux.
Dans les Kananaskis, le sentier de Tent Ridge Horseshoe sublime cette partie sauvage des Rocheuses. Entre Spray Lake, immense dans cet enchevêtrement de vallées alpines, et la kyrielle de sommets qui ceinture ces perspectives, il y avait du superbe dans toutes les directions. Pour la première randonnée du voyage, nous étions servis.
Quant à la dernière, toujours dans les Kananaskis, c’est à Guinn’s Pass qu’elle nous a menés. Un sentier passant d’abord par deux lacs alpins, puis menant au col, où l’on a pu contempler un paysage typique de cette partie des Rocheuses : un lac au pied d’un sommet, couronné en prime d’un neige fraîche d’été…

Au Parc National de Banff, nous réussissons à trouver beaucoup de solitude sur les sentiers de Paradise Valley, pourtant tout proche de l’occupé Lake Moraine, et dans l’arrière-pays de Skoki, proche lui de Lake Louise. Rendez-vous avec des lacs sublimes : Lake Annette logé au pied du vertigineux Mount Temple ; Ptarmigan Lake et les Skoki Lakes, d’une quiétude absolue dans cet environnement alpin silencieux. Sur ces chemins, les sommets captivent : Mount Redoubt et sa forme si particulière, et bien sur Temple qui domine l’horizon.

Rencontrer des glaciers
D’autres randonnées nous ont menés vers de magnétiques glaciers. Au Parc National Jasper, le Mount Edith Cavell ne cesse d’attirer les regards, et lorsque l’on se retrouve à ses pieds, c’est le glacier Angel qui occupe toute l’attention. Avec en contrebas un lac d’un bleu turquoise à la texture laiteuse et habité de blocs de glace, le cadre est fascinant, à la fois stoïque mais en constant mouvement, presque imperceptible. En prenant de la hauteur, les nuages succombent eux aussi à l’aura du glacier, s’y engouffrant à une vitesse vertigineuse pour créer une ambiance mystérieuse…

 

Sur la Icefields Parkway, célèbre route entre Lake Louise et Jasper, le champs de glace Columbia est un incontournable. À Wilcox Pass, les quelques glaciers devant nous sont tout simplement impressionnants, avec Athabasca Glacier dans toute sa longueur, pourtant réduite par le réchauffement climatique.

Dans le bleu des lacs
Lorsque l’on évoque les Rocheuses, se sont bien entendu les lacs à la palette de bleu infinie qui ressortent, et avec raison. Ils sont les joyaux de ces paysages alpins même si la météo est plus sombre.
Sur la Icefields Parkway, trois populaires arrêts s’imposent. À Herbert Lake qui expose dans un reflet les sommets de la région de Lake Louise ; puis à Bow Lake avec son eau translucide sous les nuages épais ; et enfin à Peyto Lake, au turquoise captivant, logé dans une vallée magnifique.

Au Parc National Jasper, l’immense Maligne Lake est incontournable. À Spirit Island, en s’approchant des glaciers qui alimentent le lac, l’eau devient magique, d’un bleu doux et profond à la fois, qui s’exprime dans des tons turquoises à la texture laiteuse. Le temps s’arrête, une percée de soleil vient éclairer cette petite île sacrée pour les Premières Nations. Une autre pause temporelle : le lac se fige et dessine sur sa surface le reflet parfait de la ligne de sommets. 

Parmi les classiques, Emerald Lake au Parc National Yoho s’est aussi montré dans un miroir éblouissant au coucher de soleil – l’un des seuls du voyage. D’une quiétude absolue alors que les dernières lueurs trouvaient les chemins des montagnes alentours.
Un dernier paysage en miroir plein de sérénité à Upper Kananaskis Lake qui clôture le voyage. Seuls sur les rives à contempler la ligne de sommets tout proche, alors que le soleil grimpe progressivement dans le ciel. Un moment calme et idéal pour mettre fin à ce magnifique voyage…

    

Ce second voyage dans les Rocheuses aura amplifié l’affection que je porte à ces montagnes depuis leur découverte l’année dernière. Marcher au cœur de ces paysages alpins m’apporte énormément de bien-être. Un tel voyage devient comme un pèlerinage nécessaire.
Bien qu’il s’agissait d’un deuxième passage dans les mêmes parcs, la découverte a été au rendez-vous quotidiennement tellement le territoire est vaste et varié.

Rien ne pourra remplacer ce sentiment de plénitude que procure le fait de camper et randonner dans ces immenses parcs nationaux ou provinciaux, où l’on peut côtoyer des rivières glacières, des sommets vertigineux, oublier le temps qui passe sur les rives de lacs magnifiques, et observer des animaux sauvages iconiques. Cette année, pas de grizzly, mais nos observations d’ours noirs ont été vraiment captivantes. 

On ne va pas se mentir, la météo pluvieuse a été pénible à la longue, notamment puisqu’il a fallu faire des croix sur certains sentiers prévus, apportant un peu de frustration pour le randonneur que je suis. Il y a aussi eu peu de coucher ou de lever de soleil, frustrant là le photographe.

Il n’en reste pas moins que ce second voyage a été une nouvelle fois une magnifique découverte, laissant entrevoir encore plus tout ce que les Rocheuses ont a offrir entre les incontournables et l’arrière-pays. Fort à parier qu’il y aura un 3e acte à l’exploration de ces montagnes dans les années à venir…