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Rocheuses Canadiennes – Kananaskis

Rocheuses Canadiennes – Kananaskis

Étant installé au Québec depuis 3 ans maintenant, il me tardait découvrir d’autres provinces canadiennes. Les Rocheuses, à cheval sur l’Alberta et la Colombie Britannique, arrivaient tout naturellement en tête. Icônes du Canada, les paysages de cette région sont tout simplement incontournables, un paradis pour y pratiquer la randonnée, qui est bien entendu le but premier du voyage.
Ces splendeurs naturelles vont de paire avec le succès touristique. Partant en juillet, nous avions donc décidé d’explorer majoritairement en dehors des populaires parcs nationaux de Banff et de Jasper. 

C’est de cette manière que l’on a commencé et terminé le voyage dans les Kananaskis, plus particulièrement au Peter Lougheed Provincial Park. Nous y avons passé en tout 2 jours complets à 2 reprises, sans réseaux, au contact direct de la nature.
Moins courus que les parc nationaux, les paysages de cette partie des Rocheuses n’en sont pas moins grandioses, avec en prime une part plus sauvage, plus authentique aussi.

Les premiers jours
L’aventure commence sur les rives des Lower et Upper Kananaskis Lakes, immenses plans d’eau entourés de puissants sommets – ce qui sera d’ailleurs une situation récurrente du voyage. Sur les hauteurs de Sarrail Ridge, notre première randonnée, on prend vite conscience que l’on va se sentir petits pendant les trois prochaines semaines tant ce paysage est magistral.  
Un orage se prépare au milieu de pics lointain, créant une atmosphère ténébreuse. Il est temps de redescendre de la crête et de retrouver les rives de Rawson Lake d’abord, écrin alpin niché dans un cirque glaciaire. Puis celles des deux lacs éponymes, cadre idéal pour contempler les lueurs chaleureuses de la tardive fin de journée.

L’avantage principal des Kananaskis, c’est la solitude que l’on peut y trouver, ainsi que la possibilité de randonner en territoire d’arrière-pays assez facilement. C’est sans doute pour cela que le sentier Burstall Pass fût un coup de cœur. 
On se sent privilégiés de côtoyer de telles perspectives. Depuis le marécage à traverser en bondissant, on observe une ligne de sommets grandioses d’un côté, un glacier magnifiquement encaissé de l’autre. Plus loin, vers le col, c’est l’immensité qui s’impose une fois de plus avec une kyrielle de sommets culminant autour de 3 000m. Le vent accompagne nos pas, mais surtout les nuages qui virevoltent autour des pics rocheux. Le temps semble suspendu dans ce genre de moment de contemplation.

Les derniers jours
À la fin du voyage, après presque 3 semaines à explorer les Rocheuses, retour au Peter Lougheed Provincial Park. La route 40 qui y mène est d’ailleurs splendide. Highwood Pass en est le point culminant (2 206 m), lui donnant le titre de plus haute route pavée du Canada. C’est de là que l’on partira randonner les deux derniers jours. 

L’avantage de partir de si haut, c’est que l’on peut atteindre des paysages alpins rapidement. Les sentiers menant au Ptarmigan Cirque et à Elbow Lake nous permettent d’apaiser les courbatures accumulées tout en continuant d’explorer.
Comme au premier jour, un orage se prépare lors de notre dernière randonnée. Le ciel devient menaçant et sombre sur les hauteurs en face de nous, un éclair se matérialise, le tonnerre vient briser le souffle continu du vent. La boucle est bouclée en quelque sorte.

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On évoque souvent les grizzlys lorsque l’on parle des Rocheuses, forcément on voulait en voir, mais on avait aussi la crainte d’une rencontre. Lors de notre première randonnée, pendant l’ascension de Sarrail Ridge, on entend des randonneurs crier. On est d’abord interloqués, puis à 100 mètres plus loin sur le sentier, on aperçoit une grizzly avec ses 2 petits! Stupeur, dès le premier jour on croise un ours! Ce fût un beau moment d’observation, qui nous a toutefois remis en tête la prudence qu’il faut avoir pour randonner sur leur territoire. Le sentier a d’ailleurs été fermé quelques jours après par les autorités.
Le lendemain, alors que l’on prend des informations au centre des visiteurs du parc, on a de nouveau vu une famille grizzly dans la prairie adjacente, cette fois à travers une baie vitrée.
Outre les ours, il n’est pas rare de croiser des animaux dans les Kananakis. Le dernier jour lors d’un unique trajet de 20 minutes on a pu observer un cervidé, 2 coyotes et 2 mouflons. 

Nous avions planté notre tente à Interlakes Campground au début du voyage, un des plus beaux sites que l’on a eu. Il est situé au bout de la route du parc, et permet de passer des moments plein de quiétude à l’aube et au crépuscule. Par contre il ne faut pas être en manque de sommeil puisqu’en plein mois de juillet, il n’y a pas d’obscurité avant 22h30, et le soleil se lève très tôt, autour de 5h30…