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Découverte des White Mountains

Découverte des White Mountains

Après avoir exploré le Maine sur 5 journées, d’abord sur les terres publiques de la Bigelow Preserve puis au magnifique Acadia National Park, on termine le roadtrip dans le New-Hampshire, et plus précisément dans le massif des White Mountains.
C’est la toute première fois que je me rends dans cette région montagneuse pourtant pas si éloignée de Montréal. Véritable paradis de la randonnée, le coup de coeur a été immédiat. 

 

Jour gris, randonnées courtes
Pour notre première journée, les prévisions météo sont toutes d’accord : alerte aux orages. Le ciel est déjà gris au réveil alors on décide de partir randonner sur le populaire mais court sentier du Mount Willard.
Seulement quelques kilomètres et on arrive au point de vue qui surplombe la vallée Crawford Notch. Ici déjà, on sent une forme de vertige à contempler la kyrielle de montagnes qui habille l’horizon dans une perspective centrale plutôt enclavée.

 

Le ciel est couvert mais toujours aucun signe de gros nuages orageux, si bien que les prévisions changent, l’alerte est levée. On part alors pour un 2e court sentier, vers Lonesome Lake, pour ainsi y contempler la ligne de sommets que forment Mount Lafayette, Mount Lincoln et Little Haystack, une des fameuses crêtes qui fait la renommé des White Mountains.
Les hauteurs de ces montagnes sont prises dans les nuages bas qui avancent à vive allure, surfant sur les sommets avec quelques pointes d’éclaircies bienvenues. C’est là-bas que l’on va randonner le lendemain, l’excitation est à son comble.

Heure dorée sur la plus belle crête, Franconia Ridge
L’ascension est longue mais progressive, la partie boisée du sentier qui mène à Little Haystack est d’ailleurs très agréable, longeant un ruisseau et ses chutes. Après près de 2 heures, les arbres rapetissent, le sol se fait de roche, on entre dans la zone alpine. Et enfin, le vent vient accompagner notre progression, le sommet est en vue. Et quelle vue!
Le si proche Mount Lincoln capte le regard instantanément avec son imposante forme triangulaire. Le sentier qui y mène ressemble lui à une invitation impossible à refuser. Mais les vues se dégagent aussi ailleurs, c’est grandiose. On prend le temps de poser nos regards vers tous les points cardinaux.
On décide de prendre le temps aussi parce que l’idée est de profiter au maximum de l’heure dorée sur cette crête et il est encore tôt. Les nuages s’invitent toutefois, jouant d’ombre et de lumière durant notre progression lente vers le prochain sommet.
On arrive finalement au Mount Lincoln, qui culmine à 1 551m d’altitude. Et enfin, Lafayette, de peu son aîné sur la liste des 4000 Footers avec 1 600 m d’altitude, trône dans le paysage. Malgré les nuages, on est hypnotisés par cette montagne et surtout par la ligne qui y mène.
Au loin, on voit aussi la ligne des Presidentials, avec le Mount Washington, une mer de sommets, fondue dans le bleu azur de strates ondulées. 

 

Les nuages nous font redouter le pire, l’heure dorée risque de passer à la trappe. C’était sans compter sur l’imprévisibilité de la météo en montagne. En l’espace de quelques minutes, tout s’éclipse, si bien que le ciel devient variable d’abord puis dégagé presque complètement. Le moment tout choisi pour enfin atteindre le point culminant de la randonnée.
La progression se fait rapidement le long de la crête. Si les paysages lointains ne changent pas drastiquement entre les sommets, de pouvoir contempler cette ligne de fuite est absolument fascinant. On se sent vraiment petit au milieu de ce décor alpin que l’on vient d’arpenter.
Arrivés sur les hauteur de Lafayette, le ciel commence à se dorer, la lumière perce et illumine parfaitement la crête, la perspective brille, tout est sublimé.
Mais le temps presse malgré tout, on décide de commencer la redescente pour amorcer la boucle avant la totale obscurité par prudence. 

 

Heureusement, sur le sentier, on profite de quelques ouvertures pour contempler les dernières lueurs. L’aplat de couleurs est d’une douceur incroyable, se reflétant sur la roche qui compose ces sommets. Puis, la noirceur du boisé nous engloutit pour finir cette superbe randonnée. Et quelle randonnée ! Il me semble impossible de ne pas avoir de coup de coeur en explorant cette splendide crête.

Coucher de soleil depuis Mount Monroe
Le sentier qui conduit jusqu’à Monroe est lui aussi à ranger dans la catégorie exigeant et pourtant tellement agréable. On longe longtemps un ruisseau, on croise une chute d’eau, alors que le dénivelé est imposant, avec des parties raides ou glissantes.
Quand on arrive à la fin de la forêt dense, on aperçoit très vite Mount Washington. On le côtoie même, puisque ce sentier est une des voies pour s’y rendre. Notre destination elle, semble sans prétention : un petit sommet rocheux qui a l’air anodin dans ce décor, et pourtant, il s’agit du 4e plus haut sommet de la région avec ses 1 637 m.
On l’atteint en toute fin d’après-midi d’une journée très ensoleillée. Mais voila que d’épais nuages ont décidé de nous cacher la lumière. Il faut ainsi faire preuve de patience pour qu’ils passent ou s’étiolent. Enfin, une éclaircie survient alors que le soleil commence à être suffisamment bas pour offrir une palette de couleurs plus douce et chaleureuse. Enfin, le paysage prend sa dimension espérée.

 

La ligne de sommets qui s’étend vers Franklin, Eisenhower puis Pierce est magnifique alors qu’elle baigne dans ce voile doré de fin de journée. De l’autre côté, Washington capte la lumière directe et brille dans les teintes toujours plus pâles.
Finalement, le soleil retrouve les nuages, se couchant quelques dizaines de minutes plus tôt. Nous aussi on fatigue avec tous ces kilomètres accumulés. Il reste à redescendre, une fois encore avec des paysages lumineux plein la tête comme lanterne, mais surtout les lampes frontales pour nous guider réellement. 

 

Mount Jefferson via Caps Ridge
Autre journée, autre randonnée. On s’attaque à un classique, mais cette fois-ci en plein jour. Le photographe se doit de prendre une pause. D’autant que le sentier est quand même technique : du scrambling, des zones assez exposées, des pentes assez raides. Le Caps Ridge trail n’est pas à prendre à la légère, surtout à la descente. Mais c’est aussi très plaisant de progresser sur une sentier comme celui-ci, qui implique d’être pleinement concentré.
Le soleil est écrasant durant toute la progression, le sommet approche et ressemble finalement à un tas de grosses roches concassées. Il s’avère que c’est exactement ce qu’il est.
Du haut de Jefferson, la 2e plus haute montagne des White Mountain, on peut bien entendu apercevoir Mount Washington et le cirque glaciaire The Great Gulf d’une part, et d’autre part Mount Adams, qui semble si proche. 

  

Une dernière perspective depuis Mount Pierce
C’est déjà le dernier jour – « enfin le dernier jour » diront mes jambes – et le temps est maussade, avec de la pluie abondante annoncée en après-midi. On opte ainsi pour un sentier assez facile mais quand même dans la liste des 4000 Footers : le Mount Pierce.
Après un peu moins de 2 heures de marche en matinée, on arrive sur le point de vue. On contemple la même ligne de sommets que lors du coucher de soleil sur Mount Monroe, cette fois dans l’autre sens, avec Mount Washington en toile de fond. Le ciel est couvert, mais une nouvelle fois, c’est sublime de pouvoir observer ces perspectives alpines.

 

Ce qui me reste après ce sentier, c’est indéniablement l’envie de me tenir sur d’autres sommets. Les possibilités d’exploration dans ce massif semblent infinies. Il paraît alors évident que les White Mountains font désormais parti de mes terrains d’aventures. J’y ai définitivement laissé une partie de mon âme de randonneur.