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Du crépuscule à l’aube sur les sommets de Bigelow Preserve

Du crépuscule à l’aube sur les sommets de Bigelow Preserve

En juillet, un court roadtrip m’a mené sur les routes du Maine et du New-Hampshire afin de découvrir pour la première fois ce coin du Nord-Est des États-Unis. Le programme de ces 10 jours : beaucoup de randonnée en montagne notamment dans les White Mountains, ainsi que sur le bord de l’océan Atlantique au Acadia National Park. 
Mais en tout début de séjour, c’est un territoire assez méconnu, située sur les terres publiques du Maine, que l’on a exploré sur deux journées avec camping en sentier : la Bigelow Preserve et ses deux sommets sur la liste des 4000 Footers

 

Après une ascension soutenue, alourdis par le poids du sac contenant tout le nécessaire pour passer la nuit au Avery Col, on s’installe sur un tablier de tente, tout proche des deux plus hauts sommets du chaînon : Bigelow West Peak, 1 263 m d’altitude, point culminant, et Avery Peak à 1 246 m. Les deux étant à moins d’un kilomètre de notre camp de base, chacun dans une direction opposée. 
Pour le coucher de soleil, on se dirige vers West Peak. Très vite, les premières ouvertures dans la zone alpine offrent un panorama grandiose sur les sommets alentours et notamment sur Avery Peak qui lui fait face. La lumière rasante de fin de journée sublime la courbe de cette montagne si proche. Plus haut, c’est surtout l’immensité du lac Flagstaff qui impressionne. Il faut littéralement pivoter la tête pour pouvoir l’observer en intégralité. On distingue aussi la crête qui continue vers d’autres sommets. Cette traversée du chaînon fait d’ailleurs partie du célèbre Appalachian Trail. 

  

Le ciel est légèrement voilé à l’Ouest, couvrant la puissance des rayons du soleil, mais créant parfois de doux aplats sur le paysage. Mon regard ne cesse d’être attiré vers Avery Peak qui trône dans cette étendue verte, et capte la moindre lueur sur son sommet rocheux. 
Le soleil se perd dans le voile nuageux, prenant une couleur rouge sombre. Tout semble alors s’éteindre, si bien que l’on amorce lentement la descente vers la tente. Heureusement pas trop vite, puisque le ciel s’est soudainement embrasé au dessus du lac. Les nuages prenant toute une palette de couleurs chaudes. Le vent souffle avec force, la fatigue nous gagne, mais qu’importe, de tels moments se vivent dans la contemplation.

 

La nuit a été courte. Pas seulement parce que le réveil nous appelle pour le lever de soleil. Les rafales ont été éreintantes toute la nuit, s’immisçant dans la toile de tente. C’est donc les yeux endormis que l’on arrive sur Avery Peak avant même les premiers rayons de soleil. Le vent féroce est toujours là, avec lui quelques nuages à l’horizon, cette fois-ci à l’Est. Décidément. 
Le début de cette aube est timide, le ciel opte pour des couleurs discrètes le temps de prendre un peu de hauteur, et alors le panorama se réchauffe, littéralement. 
Sur ce sommet, on retrouve une nouvelle fois la grandeur du lac Flagstaff et la beauté des courbes des sommets alentours. Cette fois-ci, c’est West Peak qui capte toute la lumière matinale. 

 

Après s’être senti si petit au contact de ces deux montagnes, avoir pu profiter du crépuscule puis de l’aube, émerveillé par les paysages, il est temps de redescendre. D’abord au campement pour récupérer un peu de sommeil, puis au pied de ce territoire qui m’a si facilement conquis par sa beauté brute.